
Ah l'Amérique…, ses buildings, ses images, ses stars, on en rêverait… Mais bon l'Amérique c'est aussi les armes, les Bush et surtout un système de santé pourri…
C'est ce à quoi s'attaque Michael Moore dans son nouveau documentaire Sicko. Dans sa ligne de mire, encore et toujours le gouvernement, mais avant tout les compagnies d'assurances. Car Moore ne défend pas seulement les 47 millions d'Américains qui n'ont pas d'assurance, mais surtout ceux qui en ont une et n'arrivent pas à en bénéficier justement.
Pour faire son film, Moore a usé d'anecdotes diverses que lui ont envoyées des internautes, de nombreuses affaires dont ont été victimes des milliers d'américains pourtant affiliés à une compagnie d'assurance.
Ce sont des cas aberrants que nous expose Moore. Il interview par exemple un homme qui s'est coupé le majeur et l'annulaire avec une scie électrique. Son assurance refuse de couvrir la réparation de ses deux doigts et lui laisse donc le choix entre la reconstruction de son majeur ou de son annulaire. Il interroge également une jeune femme à qui on refuse de prescrire un traitement contre le cancer des cervicales car son assurance considère qu'elle est trop jeune pour avoir un cancer des cervicales. Entre temps un des patients que Moore a interviewé est mort et une femme d'une vingtaine d'année a vu son cancer se métastaser.

Dans un second temps Moore décide de prendre avec lui une équipe de secouristes volontaires du 11 septembre, qu'on refuse de couvrir pour leur affection respiratoire après avoir sortie des corps des décombres de Ground Zero, et les emmène à Cuba où ils sont accueillis à bras ouverts et soignés gratuitement. Ils tentent d'abord de faire escale à Guantanamo Bay où sont gardés les terroristes les plus dangereux et qui sont pourtant aussi bien voire mieux soignés que n'importe quel patient américain. Bien sûr cette tentative fut vaine, et pour s'être rendu à Cuba, Michael Moore a actuellement des problèmes avec la justice américaine, ayant bravé l'embargo imposé depuis 45ans.

Pour justifier son attaque contre le système de santé Américain, Moore s'est également rendu au Canada, au Royaume Uni et en France, où tout est pris en charge pour le patient. Et pour légitimer ses recherches il nous donne les chiffres de l'OMS plaçant le pays le plus puissant du monde, en 37ème position sur l'échelle de qualité de système de santé. Là où

Aussi désolant soit-il, le sujet de ce film est rendu supportable grâce aux talents de manipulateur et de provocateur de Moore qui font de Sicko un film drôle et piquant. L'audace constante dont il fait preuve rend le problème abordable, et l'espoir d'un changement possible. Certes l'enjeu de ce film est moins précis que dans Fahrenheit 9/11 qui disait clairement de ne pas ré-élir Georges W. Bush. Dans Sicko le thème est abordé plus globalement, Moore tente de faire passer son message de manière moins brutal, pour opérer une prise de conscience en amont. Certains pourront donc préférer ses précédents films pour le caractère pamphlétaire de leurs mises en scène, mais en terme de montage et de narration, Sicko est son film le plus abouti et le plus touchant.
On sort de la salle les yeux humides, aussi bien à cause des larmes de rire que des larmes de tristesse.

Avec Michael Moore, George W. Bush, Hillary Clinton, ...
Année de production : 2007
Lors de la sortie d’Ocean’s Eleven, l’hilarant Raphaël Mezrahi








