Londres. 3h07 du matin. Toilettes publiques insalubres. Joanna en sanglots. Kelly, prostituée au visage défiguré, entre alors pour réconforter cette fillette de 12 ans. Elles doivent quitter Londres pour Brighton au plus vite. Que fuient-elles ? A qui ou à quoi veulent-elles échapper ? C’est caméra à l’épaule que Paul Andrew Williams accompagne ces deux êtres déboussolées, à la performance remarquable.

Du gore du glauque mais pas du glamour… Entre prostitution, meurtre et pédophilie, London to Brighton tente d’ausculter la misère sociale britannique. Pour son premier long métrage Paul Andrew Williams filme la face cachée de Londres et de Brighton : excès, démence et brutalité. Seul vrai refuge contre cette frénésie, le lien d’affection qui se tisse entre Kelly, mère de substitution, et Joanna, la fillette fugueuse.

Bien plus suggérée que directement représentée, la violence est subtilement filmée et c’est l’oscillation entre l’œil au beurre noir et le visage saint de Kelly qui marque l’avancée des flash back dans la narration.

Malgré un dénouement un tantinet moraliste, c’est avec brio que ce cinéaste parvient à égaler le talent de ses confrères britanniques. Comme l’a dit The Guardian, London to Brighton est « The best British Film of the year ».